Photo de Lia Edwards, photographe documentaire en Allemagne

Lia Edwards – Photographe documentaire en Allemagne

[INTERVIEW DE PHOTOGRAPHES]

Bonjour Lia !
Tout d’abord, peux-tu te présenter en quelques mots ? Qui es tu ? Quel est ton parcours ?

Je suis Lia, une photographe anglaise basée à Munich en Allemagne. J’ai commencé ma vie professionnelle en tant qu’avocate il y a quelques années mais j’ai toujours été attirée par les arts. J’avais l’habitude de dessiner sur les murs quand j’étais petite (tout en accusant mes grandes soeurs), j’aimais les cours d’art plastique à l’école et quand j’ai rencontré celui qui est mon mari aujourd’hui à l’école de droit, il m’a montré son Canon EOS5 et ne l’a jamais récupéré ! Je prenais une pellicule, notais mes réglages d’exposition et quand je récupérais mes tirages du labo, je regardais comment agissaient les réglages que j’avais faits. C’était il y a 17 ans !

Vous pouvez découvrir mon travail sur mon site : www.liaedwards.com
Facebook www.facebook.com/liaedwardsfamilyphotography/

Hi Lia !
First of all, can you introduce yourself ? In a few words, tell us who you are and how did you get to where you are today

I’m Lia, a British photographer working in Munich, Germany. I started out professional life as a lawyer many years ago, but I was always drawn to the arts. I used to draw on the walls as a child (and blame my older sisters), loved art at school and when I met my now husband at law school, he showed me his Canon EOS5 and, well, he never got it back! I would take a roll of film, writing down what I did for each exposure and then when I got the prints back from the lab, see how the different settings I used affected the shot. That was 17 years ago!

You can find my work here: www.liaedwards.com
Facebook www.facebook.com/liaedwardsfamilyphotography/

Photo de Lia Edwards, photographe documentaire en Allemagne

Comment le documentaire de famille est entré dans ta pratique ? Comment le pratiques tu ?

Mon itinéraire vers la photographie documentaire de famille a été long et je pourrais dire que mes intérêts en photo ont toujours collé à ce qui se passait dans ma vie : j’ai commencé avec la photo de voyage et de paysage (les années où mon mari et moi voyagions beaucoup), puis j’ai bifurqué vers les portraits conceptuels, en travaillant avec des MUA et stylistes pour sortir des portraits bien préparés (quand j’étais une avocate control freak ahah). J’ai exposé avec un groupe de photographes que j’avais rencontré quand je vivais en Australie. On a eu beaucoup de plaisir. Puis mes amies ont commencé à avoir des bébés et j’ai naturellement trouvé de l’intérêt à les photographier. Comme je n’avais toujours vu que des photos posées de bébés et d’enfants, je pensais que c’était la seule manière de les photographier. Et c’est de cette façon que j’ai travaillé pendant des années quand j’ai lancé mon entreprise à mi-temps. Mais au fil du temps, j’ai commencé à stagner et à me sentir coincée. Il n’y avait plus l’élément créatif.

Puis j’ai découvert la photographie documentaire de famille de Kirsten Lewis. Ma fille avait alors 2 ans et j’ai été soufflée par le côté très cru et réel des photos de Kirsten. J’ai su que c’était le genre de photos que je voulais pour ma famille et que je voulais offrir aux autres familles. J’ai alors travaillé fort, très fort pour apprendre à photographier selon les principes de la photo documentaire et raconter une histoire quand je photographiais les familles. Le point tournant a été l’an dernier quand j’ai été invitée à Seattle pour être dans l’audience pour le 2ème Creative Live de Kirsten Lewis axé sur les reportages « Day in the life ». Non seulement ça a été énorme pour moi de faire ce voyage toute seule jusqu’à Seattle, de passer 2 jours à apprendre de Kirsten mais j’ai également rencontré un groupe de photographes documentaires de famille très inspirants qui continuent à m’inspirer et à me pousser dans ma créativité et dans mon entreprise. Maintenant, je peux passer jusqu’à 48 heures avec des familles pour documenter tous les événements extraordinaires de leur vie de tous les jours. C’est un sacré défi de faire de bonnes images quand on n’a aucun contrôle sur ce qui se passe devant soi mais avec l’expérience, on arrive à anticiper pour être au bon endroit pour photographier une scène.

Photo de Lia Edwards, photographe documentaire en Allemagne

How did you come to documentary family photography ? How do you practice this form of photography ?

My journey to documentary family photography has been a long one and I guess my photography interests have always paralleled what has been happening in my life: I started off with travel and landscape photography (in the years when my husband and I travelled a lot), then moved to conceptual portraiture, working with make-up artists and stylists to produce well planned out portraits (in my control-freak lawyer days, haha). I had exhibitions with a group of photographers I met while living in Australia. It was a lot of fun. Then my friends starting having babies so I naturally became interested in photographing them. As all children and baby photos I had seen were posed, I thought that was the only way to do it. And that is how I worked for a few years as a started my part-time photography business. But over time I felt I was stuck and wasn’t moving on. It had lost the element of a craft for me.

Then I came across documentary family photography through Kirsten Lewis. My daughter was 2 at the time and I was blown away by the rawness and realness of the photos Kirsten made. I knew those were the type of pictures I wanted for my family and what I wanted to offer others. So I worked really, really hard to learn how to photograph using photojournalistic principles and tell a story when photographing families. A turning point for me was last year being invited to be in the studio audience in Seattle for Kirsten Lewis’ 2nd Creative Live class, focused on day-in-the-life sessions. Not only was it a huge thing for me to make a trip like that on my own, and to learn from Kirsten over those 2 days but I also met a group of inspiring family photojournalists who continue to inspire and push me creatively and in business. Now I spend up to 48 hours with families documenting all the awesome stuff that happens in real life. It is super challenging to make good images with no control over what happens in front of you, but over time you learn to quickly figure out the right place to photograph a scene from and anticipate the next moment.

Photo de Lia Edwards, photographe documentaire en Allemagne

Est-ce que tu fais également de la photographie lifestyle ?

Non. J’ai essayé pendant quelques mois alors que j’étais en pleine transition après les portraits posés mais je ne photographie maintenant que du documentaire.

Do you also work as a lifestyle photographer ?

No. I tried it for a few months as I transitioned from posed portraits, but now I shoot exclusively documentary.

Est-ce que tes clients voient la différence entre lifestyle et documentaire ? Dois-tu leur expliquer ? Et si oui, comment expliques-tu ?

Je n’ai pas l’impression de devoir expliquer si je suis l’un ou l’autre. Mes clients viennent à moi parce qu’ils aiment ce que je fais. Je ne pense pas qu’ils se posent la question de savoir s’ils veulent un photographe lifestyle ou documentaire ni même ce que ces appellations signifient. Ils choisissent simplement un photographe en fonction de ce qui convient à leur famille.

Do your clients see the differences between lifestyle and documentary ? Do you have to explain to them ? If so, how do you explain ?

I don’t find I need to explain whether I am one or the other. My clients come to me because they are drawn to my work. I don’t think they think about whether they want lifestyle or documentary or even know what those labels necessarily mean. They just choose a photographer based on whether their work suits their family.

Photo de Lia Edwards, photographe documentaire en Allemagne

Quel est le contexte (économique) de la photo de famille dans ton pays/ ta région ?

La plupart des familles de la communauté internationale pour lesquelles je travaille n’ont qu’un salaire et doivent donc faire très attention à leurs dépenses. C’est donc un honneur pour moi quand ils mettent la priorité sur la documentation de leur vie de famille et me choisissent pour le faire pour eux. Je propose toujours un échelonnement des paiements pour les aider à répartir l’investissement sur quelques mois.

In your country, what is the economical context for family photography ?

Many of the international families I work for have just one salary, so they think carefully about what they spend their money on. It is an honour when they prioritise documenting their family life and choose me to do that for them. I always offer payment plans to my families to help spread out the investment over a few months.

Est-ce que la photo documentaire de famille est une pratique bien développée dans ton pays ?

En Allemagne, il n’est pas très fréquent que les familles engagent un photographe professionnel pour faire une séance photo par année ni même qu’ils accrochent des photos de famille au mur. Je travaille donc plutôt avec des familles de la communauté internationale. Il y a parfois des familles avec de jeunes enfants qui sont ici pour des contrats de 2-3 ans et ils aiment avoir des photos qui montrent comment était leur vie ici afin de pouvoir les montrer à leurs enfants dans les années à venir.

Is documentary family photography well developed in your country?

In Germany, it is not so common that families would hire a professional photographer every year or have family pictures on the wall. I tend to serve more families in the international community here. Often they are families with young children that might only be here on a contract for 2 or 3 years, so they want to have images that reflect how their life here was to show their children in years to come.

Comment tes anciens clients ont-ils reçu cette nouvelle approche (si nouvelle approche) ?

Le retour a été très positif. Les familles ne savaient pas que photographier leur quotidien était une possibilité. Beaucoup de mes clients n’auraient jamais engagé de photographe professionnel parce que la photo de famille posée n’était pas leur truc. C’est donc un sentiment très fort de pouvoir ouvrir la photo professionnelle à ces familles qui ont simplement envie de préserver les souvenirs de ce qu’était vraiment leur vie.

If documentary is new for you, how did your clients received it ?

I’ve had a great response. Families never knew this type of photography, of their actual real family life, was a possibility. Many of my clients are families that never before would have booked a professional photographer because the posed portraits just weren’t their thing. So it is a great feeling to be able to open up professional photography to those families that just want to preserve memories of how life really was.

Photo de Lia Edwards, photographe documentaire en Allemagne


Y a-t-il beaucoup de photographes pratiquant le documentaire de famille autour de toi ? Quels sont tes rapports avec eux ?

Il y a environ un an, j’ai co-fondé (avec Ashleigh Raddatz) une communauté en ligne de photographes de famille documentaire par le biais d’un groupe Facebook où nous nous sommes soutenus et avons partagé des idées et des ressources. C’était au départ un groupe de photographes basés en Europe mais en début d’année, nous l’avons élargi pour accueillir des photographes de partout dans le monde. Le 1er mars 2017, Ashleigh et moi avons lancé un annuaire mondial dans le but de relier les photographes de famille documentaire entre eux et avec des familles partout dans le monde. Nous voulons obtenir des images de la vraie vie de famille dans le monde afin que les parents puissent savourer le plaisir et le chaos et savoir qu’ils ne sont pas seuls dans leurs luttes, plutôt que de se comparer à une fausse idée Pinterest-parfaite de ce à quoi la vie familiale devrait ressembler. C’est une grande tâche, mais nous sommes vraiment excitées à l’idée de populariser la photographie documentaire de famille. Vos lecteurs peuvent consulter le site à l’adresse suivante: www.documentaryfamilyphotographers.com


Are there many photographers working as a documentary family photographer ? How do you get along together? Is there like a community or do you each do your own thing?

Around a year ago, I co-founded (with Ashleigh Raddatz) an online community of documentary family photographers through a Facebook group where we supported each other and shared ideas and resources. It started off as a European based group and then earlier this year we expanded it to welcome photographers from around the world. On 1 March 2017, Ashleigh and I launched a worldwide directory with the aim of connecting documentary family photographers with each other and with families all around the world. We want to get images of real family life out into the world so that parents can celebrate the fun and chaos and know that they are not alone in their struggles, rather than compare themselves against a fake Pinterest-perfect idea of what family life should look like. It is a big task, but we are really excited to get documentary family photography out into the mainstream. Your readers can check out the site at: www.documentaryfamilyphotographers.com

Photo de Lia Edwards, photographe documentaire en Allemagne

Qu’est ce que tu aimes dans la photographie documentaire de famille ?

J’aime que chacun puisse être lui-même. Et de pouvoir montrer la réalité de la vie de famille. Je pense qu’il est important de montrer de vraies images de vie de famille dans le monde. Autrement, les nouveaux parents finissent par se sentir dépassés par leur vie qui ne leur paraîtra pas à la hauteur de tous les smileys, des images de beaux enfants bien habillés dans des maisons impeccables qui inondent Pinterest. J’aime passer plus de temps avec mes familles (entre 4 et 12 heures comparées aux séances portraits d’une heure). Ce qui permet d’apprendre à les connaître et ça m’aide à faire des photos plus authentiques. J’aime qu’il n’y ait pas de stress pour les familles. Je viens vers eux, ils n’ont pas besoin de mettre leurs beaux vêtements et les enfants n’ont pas à bien se comporter. J’aime documenter de vrais souvenirs pour les générations futures.

What do you like in documentary family photography ?

I love that everyone can just be themselves. And we get to show how family life really is. I think it is important that there are more images of real family life out in the world. Otherwise new parents can end up feeling overwhelmed that their life does not live up to all the smiley, beautifully dressed children in immaculate houses that fill Pinterest. I love spending a longer time with my families (either 4 or 12 hours, compared to portrait sessions that were 1 hour). I get to know them really well in that time, which helps me make authentic pictures. I love that there is no stress for the families. I come to them, and they don’t need to get dressed up and the kids don’t need to behave. I love that we are documenting real memories to be preserved for future generations to talk about.

Photo de Lia Edwards, photographe documentaire en Allemagne

Quelle est ton approche personnelle ?A quoi es-tu sensible ?

Ce qui m’attire dans la vie de famille, c’est l’amour, le plaisir et le travail acharné. Je veux que plus tard, quand les enfants regarderont ces photos puissent apprécier tout ce que leurs parents ont fait pour eux et combien ils ont été (et sont) aimés. Parce que la parentalité n’est pas facile. C’est impitoyable. Mais en même temps, c’est très amusant et nous sommes bien payés de notre dur travail en tant que parents dans la meilleure devise : baisers et câlins ! C’est donc ce conflit entre travail acharné/épuisement/exaspération et amusement, amour et bêtises que je veux montrer. Ce n’est qu’en montrant les 2 côtés de ce périple que nous pouvons vraiment raconter toute l’histoire.

What is your personal approach? What are you sensitive to ?

For me, the things in family life that I am drawn to are the love, the fun and the hard work. I want the kids to look back on the pictures in years to come and really appreciate everything their parents did for them and see how much they were (and are) loved. Because parenting is not easy. It is relentless. But at the same time it is fun and we are repaid for our hard work as parents in the best currency: kisses and cuddles! So it is this conflict of hard work/exhaustion/exasperation together with fun, love and silliness that I want to show. Only by showing both sides of the journey can we truly tell the whole story.

As tu déjà rencontré des difficultés lors d’un reportage ou dans l’accueil de tes clients ?

Non, mes familles sont exceptionnelles. J’ai l’impression d’attirer les familles qui sont en accord avec mes propres principes : celles qui travaillent très fort à éduquer leurs enfants tout en prenant beaucoup de plaisir auprès de ces petits êtres dont ils savourent la compagnie à chaque instant.

Did you ever have any issues during a session or with the family who was hosting you ?

No, my families are all amazing. I seem to attract families with whom my perspective resonates: ie those that work hard at parenting but that take joy in their little people and want to soak up every minute.

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Y a-t-il un moment que tu préfères lors d’un reportage ? As-tu une anecdote de reportage?

J’aime vraiment capturer ces instants où papa et maman font les fous avec les enfants. Pour moi, c’est une part importante de l’éducation des enfants – conserver son sens de l’humour. Ça me rend triste de penser que quand ma fille sera plus grande, je n’aurai plus d’excuse pour faire l’idiote. J’aime aussi documenter la lecture du soir, quand les enfants sont blottis contre papa ou maman – c’est un moment très particulier de la journée, un moment qui sera passé avant qu’on ait le temps de s’en apercevoir, et c’est bon de pouvoir préserver cela.

Which is your favorite moment in a DITL session ? Any particular story that happened during a session you’d like to share?

I really love capturing moments where mum or dad get silly with the kids. For me, that’s so important in raising a family – to keep your sense of humour. It makes me feel sad to think I won’t have an excuse to be silly when my daughter is that bit older. I also love documenting storytime, when the kids are snuggled up with mum or dad – for me that is a really special moment in the day, one that will be gone before we know it, so it’s nice to be able to preserve that.

Qui sont tes influences ? Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Oh, question difficile. Il y a tellement de photographes documentaires de famille épatants dans le monde – en fait, j’ai créer une communauté appelée « Photographes documentaires de famille » pour apprendre à tous les connaître un peu mieux. Il y en a une qui se distingue pour moi en ce moment, c’est Tania Ruda qui est basée en Ukraine. Elle propose une très belle perspective de la vie de famille et a un regard très étonnant pour la lumière et la composition. Je suis aussi influencée par la photographie de rue, les grands photographes comme Matt Stuart, Alex Webb et bien sûr Henri Cartier-Bresson qui sont une grande source d’inspiration. Mais au jour le jour, ma fille est ma muse et ma plus grande inspiration. Essayer de capturer son essence à chaque étape de sa croissance est un défi et un plaisir constant.

Who are your influences ? What is a source of inspiration for you?

Oh this is hard. There are so many amazing documentary family photographers out there – in fact I started a community called « Documentary Family Photographers » to get to know them all better. One that stands out for me at the moment is Tania Ruda, based in the Ukraine. She has a great perspective on family life and an amazing eye for light and composition. I am also influenced by street photography, photographer greats like Matt Stuart, Alex Webb and of course Henri Cartier-Bresson are a big inspiration. But on a day-to-day level, my daughter is my muse and my biggest inspiration. To attempt to capture the essence of her at each stage in her growth is a constant challenge and delight.

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