les photos de famille en vacances

Les photos de famille en vacances

Les vacances, c’est le moment où l’on souffle, où on lâche le quotidien, le stress, les problèmes pour se concentrer sur l’essentiel.

Les vacances, c’est le moment où l’on se retrouve ensemble, sans planning, ni contraintes, juste le plaisir de partager de bons moments.

Les vacances, c’est quand le temps file sans qu’on s’en rende compte, quand on oublie les heures et les tâches quotidiennes pour vivre ensemble des moments inoubliables.

Les vacances, c’est le moment idéal pour faire un documentaire de famille.

 

reportage de famille en vacances en vendée par Sybil Rondeau
© Sybil Rondeau

Cette famille est venue d’Angleterre pour le dépaysement d’un grand gite dans la campagne Vendéenne. Les parents, les grands parents, les oncles et tantes et tous les cousins… tout le monde est réuni le temps d’une semaine de vacances. C’est le moment idéal pour un documentaire de famille ! Ces souvenirs-là sont rares et tellement précieux. Sans les photos, il sera difficile pour les plus petits de s’en rappeler.


© Ernestine et sa famille

Photographier une famille en vacances, c’est un peu l’occasion idéale : on se retrouve pour passer du temps ensemble, dans un cadre différent de la vie quotidienne, tout le monde est relax et surtout on est moins à cheval sur les horaires. Pendant les vacances, on se permet des entorses au planning et on laisse parfois filer les heures. Cette photo a été prise à la tombée du jour, vers 21h30. Nous avions fait une petite randonnée et au rythme des petits, ça avait duré un peu plus longtemps que prévu. Nous sommes enfin arrivés à la plage de destination à la tombée de la nuit, tout le monde s’est baigné à la lueur de la lune avant de rentrer. Ce soir là, Les enfants se sont couchés un peu tard mais ce moment était tellement beau, que personne n’a songé à l’heure qu’il était.


© Nadine Court

Les photos souvenirs de vacances sont très précieuses et témoignent de moments forts passés en famille dans un contexte qui permet les échanges et de beaux moments de complicité.
Il faut cependant qu’un des membres de la famille se charge de faire les photos sur lesquelles il n’apparaîtra pas (si ça sent le vécu, c’est tout à fait normal ! ;-). Et puis on a généralement plus envie de participer au moment que de rester à l’écart pour faire une photo.
Et si, pour une fois, vous vous offriez un reportage de vacances pour immortaliser un de ces moments hors du temps ?

Premiers pas sur les rochers face à la mer
© Maryline Krynicki

Les vacances sont propices à des nouvelles rencontres, des découvertes de lieux, des retrouvailles avec des amis ou la famille, des visites, des activités que l’on ne fait pas d’habitude. Toutes ces choses sont tellement importantes pour une famille. On se crée de merveilleux souvenirs qui méritent d’être immortalisés. Et quoi de mieux qu’un reportage pour conserver dans nos mémoires tous ces moments vécus ensemble, dans ces endroits où l’on ne reviendra peut-être plus, et, qui ont tellement comptés pendant cette petite parenthèse dans nos vies.

les photos de familles en vacances©Annie Gozard

Les vacances, c’est aussi revenir dans la maison familiale, celle que l’on connaît depuis notre plus jeune âge et celle où l’on passe du temps aujourd’hui avec ses enfants. On s’échappe pour un moment du tourbillon de notre vie professionnelle intense. Et l’on se fabrique une nouvelle collection de souvenirs attachés à ce coin de Bretagne que l’on aime tant.

le petit-déjeuner en famille

Nos moments préférés de la journée

Nous, les photographes documentaire de famille, aimons la routine. En tout cas nous aimons la photographier. Dans une journée de reportage de famille, il y a tout un tas de moments qui reviennent régulièrement, les moments de la vie quotidienne, la routine. Ce sont souvent des moments où la famille oublie totalement la présence du photographe, occupée aux tâches quotidiennes de la vie de famille.

Lors de nos conversations, nous nous sommes rendues compte que chacune de nous avait un moment favori, qui pour une raison ou une autre nous touche plus, nous inspire etc. On a décidé d’en faire notre sujet du jour : « Nos moments préférés de la journée ».

reportage photo de vie de famille a Paris
© Ernestine et sa famille

Je commence par la fin (de la journée) : l’histoire du soir et le moment de coucher les enfants. C’est un moment chargé en habitudes. Chaque famille a son rituel du soir. Dans l’ordre ou dans le désordre : Pyjama – brossage de dent – histoire – bisous/câlins – câlin doudou – verre d’eau – veilleuse etc. c’est un moment où se mixent le calme et la tempête, où l’on chuchote ou bien l’on crie ! C’est le moment où les petits yeux se ferment tout seuls, ou bien au contraire, restent bien ronds et bien ouverts dans le noir. C’est un moment que j’aime particulièrement car c’est le temps des histoires et de l’imaginaire, c’est le moment des confidences et des grandes déclarations. J’aime photographier les petits corps qui se blottissent, les câlins qui jouent les prolongations, mais le sommeil attends derrière la porte et il ne me reste plus qu’à partir sur la pointe des pieds.

photo de la routine familiale par sybil rondeau
© Sybil Rondeau

Mon moment préféré est celui des préparatifs des enfants : le matin ou bien le soir avant le coucher, c’est un moment fort de la journée partagé avec les parents. Et sans doute le moment le plus intime aussi. Mais fidèles à eux même, les enfants ne s’émeuvent pas de ma présence à leurs côtés. Ils profitent de ce moment d’amusement dans le bain ou la douche ! Techniquement parlant, c’est aussi un terrain de jeu pour moi : l’eau, les reflets, la buée… et puis des regards sur soi dans le miroir et tout un apprentissage qui se met en place. J’aurais des tonnes de photographies de ce moment à partager !

le petit-déjeuner en famille
© Annie Gozard

J’adore les petits-déjeuners, quand tout le monde a encore un peu la tête à l’envers et les paupières qui collent. Chacun vit sa propre vie indépendamment des autres, certains s’affirment déjà. Les jours de chance, le soleil rasant du matin s’invite aussi à la table. Je joue avec. Je prends mes marques en douceur. Et puis, comme je ne prends jamais de petit-déjeuner (mon estomac – et tout le reste aussi – n’est pas du matin) mais que j’adore l’idée de prendre un petit-déjeuner, je vis ainsi un fantasme par procuration.

cuisiner en famille
© Maryline Krynicki

En règle générale, j’adore les moments où les parents partagent une activité avec leurs enfants. Ça peut être des jeux, un sport ou un moment de tendresse tout simplement. Mais, il y a une activité que j’aime vraiment photographier, c’est quand la famille cuisine ensemble, ces moments où chacun va jouer un rôle avant de partager un bon repas autour de la table. Suivant le nombre d’enfants et leurs âges, ça peut vite devenir un vrai bazar. J’adore ça ! Ces moments-là se prêtent bien à de bons éclats de rire, une belle complicité et à de super souvenirs. Et, on découvre parfois tout le sérieux et la concentration que peut avoir un enfant quand il s’agit de casser un œuf 🙂

Supermaché en famille - reportage photos du quotidien
© Nadine Court

Il y a beaucoup de moments de la journée que j’aime, le choix a été difficile. J’ai d’abord pensé au bain, ce moment où les enfants peuvent s’amuser à éclabousser dans tous les sens, laissés libres de s’amuser dans l’eau. Et puis en fait, j’ai choisi les sorties en famille. Que ce soit une balade dans le quartier, un temps de jeu au parc ou les courses au supermarché, il y a plein de jolis moments partagés avec les enfants à photographier. Ou des craquages complets ! 😉

petit-déjeuner en famille à paris

L’expérience du reportage famille

L’expérience du reportage famille, ce sont nos clients qui en parlent le mieux ! Aujourd’hui, nous laissons donc la parole aux familles que nous photographions. Elles racontent comment elles ont vécu la journée de reportage et leur ressenti face au résultat.

 

petit-déjeuner en famille à paris
©Annie Gozard

Angélique & Fabrice :

Angélique : « Cette journée, je l’ai vécu comme un condensé de petits bonheurs partagés en famille. Un bon prétexte pour se concentrer sur ce qu’est notre quotidien quand on devient parent et des choix que l’on fait pour faire grandir nos enfants dans un environnement sain et rempli d’amour. Les premières minutes du reportage sont un peu déstabilisantes mais on oublie très vite l’objectif !! Je regardais hier le film « Beauté cachée » de David Frankel qui fait écho à tes reportages de famille. Il met en lumière toute la beauté qui nous entoure et qu’on ne perçoit pas dépassés par notre quotidien, nos préoccupations professionnelles et parfois une routine qui s’installe sournoisement… C’est pour moi aujourd’hui un trésor de regarder ces photos qui figent dans le temps des moments d’amour, de partage, de complicité et de tendresse dans un cadre simple et sans artifice. On ne mesure pas toujours dans l’instant l’importance et la chance que nous avons d’être là ensemble, heureux et si vivants ! Les photos qui me touchent toujours le plus sont celles qui retracent mon enfance dans des moments de vie avec ma famille plus que des photos posées. Et au-delà de nous, il y a le plaisir à découvrir des années plus tard des objets qui ont disparus, des vêtements passés de mode que nos enfants auront plaisir à regarder comme je le fais quand j’ouvre les albums de famille. Tes reportages, Annie, nous amènent à nous recentrer sur l’essentiel que tu figes avec tant de bienveillance et de poésie : l’amour et le temps … »

Fabrice : « La première chose qui me vient à l’esprit, c’est que nous avons été naturels, nous avons été nous-mêmes et avons passé une superbe journée en famille. Annie a su nous mettre à l’aise de suite au point où on en oubliait parfois presque sa présence. Une discrétion qui lui permet de saisir des instants de complicité magnifique : des rires, des pleurs, de l’amour et de la joie, dans les yeux et les gestes. Tout simplement un souvenir impérissable de cette tranche de vie en famille, du bonheur que nous avons d’être ensemble et de la chance que nous avons de connaître cela. On aurait presque envie de refaire l’exercice tous les ans afin de voir comment nous évoluons dans le temps. »

photographe documentaire de vie de famille nombreuse en ile de france
©Ernestine et sa famille

Laetitia :

« On a adoré cette journée en famille et dès qu’on le pourra, on recommencera. Dans une vie un peu compliquée, où l’on court tout le temps, cette journée nous a donné l’occasion de nous retrouver au travers de petits moments simples de la vie de tous les jours.

Ces séances photos nous obligent à vivre ces petits moments de complicité de façon encore plus forte. Elle nous a permis de nous recentrer sur nous, sur ce qui est vraiment important. Elle nous a permis de nous ressourcer pour partir, encore plus fort, vers de nouvelles aventures…

Pour nous, ce sont de merveilleux moments de complicité, gravés dans nos mémoires, grâce aux photos. Et à chaque fois qu’on les regarde, on se rappelle combien ses petits moments sont précieux.

Alors merci encore Marine. »

l'expérience du reportage famille par Sybil Rondeau
© Sybil Rondeau

E & E :

« Nous avons vécu cette journée de façon tout à fait normale et c’est ce qui fait la force de ce reportage photo. La présence de Sybil n’a pas du tout été visible, nous avons tous vécu comme d’habitude et le fait que le reportage se passe à la maison et/ou dans des lieux connus des enfants est tout à fait propice à ces prises de vues naturelles. Le talent de Sybil a fait le reste et nous avons des clichés exceptionnels, pris sur le vif, de notre quotidien.

C’est un superbe cadeau d’avoir des photos de cette qualité reflétant les gestes, expressions, mimiques quotidiennes… autant de moments de complicité que nous n’aurions jamais pu capter nous-mêmes.

Mais encore plus que cela, ce reportage constitue un formidable souvenir de notre vie de famille que nous avons pu partager avec nos proches. En effet, en plus des photos, le livre est un très bel objet à offrir et représente un moyen de consultation rapide et pratique… sans parler du diaporama musical qui est devenu incontournable à la maison. Il ne se passe pas une semaine sans que les enfants nous le réclame et que nous le regardions tous les 4 avec toujours le même bonheur.

Ce reportage est donc un superbe moyen de capturer et conserver notre complicité familiale !

On ne peut que vous le conseiller et nous n’hésiterons d’ailleurs pas à le refaire dans quelques temps pour capturer de nouvelles émotions… »

Les enfants boivent le biberon dans le lit de papa et maman - Reportage documentaire famille en Haute Savoie
© Nadine Court

Gaëlle :

« Cette journée intense a été pour nous une immense joie de pouvoir dévoiler notre quotidien à nous même déjà, qui sommes avant tout « tête dans le guidon » et par cette même occasion pouvoir prendre du recul sur cette vie trépidante, vivante, grâce à ces arrêts sur image tellement vrais qu’ont été tes formidables clichés. Sans nous sentir mal à l’aise, nous nous sommes au contraire pris au jeu lors d’un instant de regarder avec ironie les petites bêtises quotidiennes de façon artistique, et de rigoler en famille de ces petits détails qui font parfois criser. Grâce à toi nous avons pu savourer ces petits moments qui d’habitude passent inaperçus car finalement le quotidien est aussi magique, vrai et passionnant de richesse. Pour le futur cela nous a ouvert les yeux de toujours aller puiser ces moments de bonheur simple qui sont finalement notre quotidien. »

Reportage du quotidien à Taverny cuisine
© Maryline Krynicki

Aude :

« La journée « reportage du quotidien » a été une journée … normale ! En effet, la présence de Maryline n’a en aucun cas impacté les tâches et activités journalières. Une journée presque comme les autres, si ce n’est que j’ai beaucoup papoté avec ma photographe favorite ! Et c’est l’occasion pour moi de souligner le talent de Maryline qui prend des photos sans qu’on s’en aperçoive, au bon moment, au bon endroit. Le résultat est juste magnifique (et tant pis pour ma coupe de cheveux !), des photos à l’esthétique naturel comme on en voit rarement.

Ce que la journée reportage du quotidien m’a apporté… Je dirais que ça aide dans la relation qu’on peut entretenir avec l’objectif : on n’a pas forcément envie de se faire prendre en photo dans certaines occasions. Alors que là, on l’accepte totalement. Probablement parce qu’on finit par ne même plus y penser !

A refaire avec le plus grand des plaisirs !

photographe de famille à paris fête des mère

Mamans, vous êtes merveilleuses !

Oui, c’est vrai vous êtes merveilleuses !

Vous êtes sur le pont matin, midi et soir (la nuit aussi..). Vous faîtes passer le bonheur de votre famille avant le vôtre. Vous cuisinez, vous rangez, vous pliez, repassez, nettoyez, frottez, vous vous inquiétez, vous patientez, vous ramassez, vous soignez, vous câlinez, vous bercez, vous embrassez, vous consolez, vous écoutez, vous changez, vous accompagnez, vous rassurez…

et vous vous effacez…

fete des mères quotidien des mamans
© Maryline Krynicki

Jetez un coup d’œil à vos photos de l’année et dites-nous ce que vous voyez ? Certainement des tonnes de photos de vos enfants, parfois seuls, parfois avec leur père, quelques photos de votre conjoint, papy et mamie avec les enfants et quelques-unes de vos amis. Et vous ? Vous êtes où ?

Nous le savons, il y a plein de bonnes raisons à cela. Voyons si l’une d’elles vous convient :

  • “j’suis pas belle”
  • j’suis fatiguée aujourd’hui, j’ai des cernes
  • j’ai quelques kilos à perdre
  • j’suis mal coiffée / faut que j’aille chez le coiffeur
  • j’suis mal habillée
  • j’suis pas maquillée”
  • pas aujourd’hui, j’ai un bouton

etc.

C’est tellement plus facile de rester de l’autre côté de l’appareil.

Mais la vérité, c’est que vos enfants s’en fichent de l’état de vos cheveux, des kilos en trop ou des fringues dépareillés. Quand vos enfants regardent les photos de famille, ils ont besoin d’y voir tout leur univers. Et en premier lieu, leur wonder-maman !

Quand votre enfant voit une photo de vous, croyez-vous qu’il regarde vos cernes ou votre maquillage? Non, son regard s’illumine et s’emplit d’amour, c’est tout ! Ce qu’il voit, c’est sa maman, celle de tous les jours, celle qu’il aime plus que tout au monde (jusqu’à ce qu’il tombe amoureux, mais là, c’est une autre histoire !).

Quand vous regardez des photos de ceux que vous aimez, vous ne vous attachez pas à l’apparence mais au souvenir que cela vous procure. C’est tout ce qui compte !

photo de maman par Sybil Rondeau à Angers
© Sybil Rondeau Reportage d’une vie de famille à Angers.

Oui, nous vivons dans une société de l’image qui peut être violente et tyrannique (nous vous invitons à relire notre article sur le mythe de la famille parfaite à ce sujet).

Mais la vérité, c’est que ces photos ne sont pas faites pour les réseaux sociaux mais pour vous et votre famille.

Quand nous réalisons un documentaire de famille, notre premier rôle est de raconter la vie de famille dans son ensemble, avec tous ses membres : Papa, Maman, les enfants, le canari et les deux poissons rouges.

C’est notre rôle (et il est important) de vous montrer à quel point vous êtes merveilleuse, entourée des membres de votre famille. Nos photos doivent vous montrer l’amour qui circule entre vous tous, la complicité, les fous-rires mais aussi les moments de fatigue, d’agacement ou d’autorité. Parce que c’est votre vie !

photographe famille hauts de seine© Annie Gozard

C’est aussi notre rôle de permettre à vos enfants de grandir avec ces images et d’y retrouver, des années plus tard, toute la tendresse et l’attention de leur maman pour eux.

C’est une lourde responsabilité mais c’est ce qui donne du sens à notre travail.

Toute l’équipe du Joyeux Bazar souhaite (un peu en avance) une belle fête à toutes les wonder-mamans ! Vous êtes merveilleuses et nous aimons vous le prouver !

 

photographe de famille à paris fête des mère
© Ernestine et sa famille – Marine Poron

Maman fait un gâteau avec les enfants
© Nadine Court
Enregistrer

Dispute reportage du quotidien

Les moments de chaos

La journée parfaite avec les enfants, quand tout se passe à merveille, sourires greffés aux visages, bisous à profusion, rires dans la maison… de 8h du matin à 8h du soir… ça n’existe pas ! Alors nos reportages, bien sûr, relatent aussi cette vérité. Bien des années plus tard, les enfants devenus grands riront bien de se voir dans ces situations délicates… bouderies, bêtises, grosses colères ! Cependant, lorsqu’on est derrière son appareil photo, il n’est pas toujours simple d’être confronté à cela ! Comment chacune d’entre nous vit elle ces moments de chaos ?

photo d'un enfant au coin

© Sybil Rondeau

Mlle C a fait une grosse bêtise… et la voilà au coin, penaude, espérant que ça ne dure pas trop longtemps. Au cours d’une journée, j’arrive généralement à obtenir un panel de toutes les expressions des petits. À ces âges, on passe du rire aux larmes plusieurs fois dans une même journée ! Je me rappelle qu’on m’appelait « Jean qui rit, Jean qui pleure » quand j’étais enfant ! C’est aussi ce qui rend cette pratique intéressante à mes yeux. Je livre un portrait complet de ces familles, sans concession : un portrait vrai. Alors bien sûr je ne m’arrête pas de photographier dans ces moments là. Mais je ne dirai pas que je suis à l’aise pour autant. Parfois, je ressens tellement fort le désarroi de certains parents face à un enfant qui lève la main sur eux, ou qui manifeste tellement de colère et de violence. Il m’est vraiment difficile de prendre du recul et de rester neutre dans ces situations tendues. Je ne peux m’empêcher d’espérer dans ces moments là que les images pourront agir comme une thérapie.

Débat - les moments de chaos pendant un reportage - papa gronde sa fille qui monte sur la table

© Nadine Court

Tout comme la famille parfaite n’existe pas, les enfants parfaits non plus et je dirais tant mieux ! En tant que photographe, j’ai besoin d’être animée par ce qui se déroule sous mes yeux (et devant mon objectif) et donc je préfère bien évidemment quand ça bouge et qu’il se passe plein de choses. Pour l’instant, je n’ai pas rencontré de situations très critiques. Il y a bien eu ce moment où le papa disputait sa fille qui s’était mise dans une position assez risquée et à ce moment, j’ai arrêté de shooter. Le fait de déclencher est une motivation pour un enfant, ça l’encourage à poursuivre son action donc lorsque l’action en question pourrait le mettre en danger, je me fais un devoir de ne pas lui donner l’impression que c’est intéressant en prenant des photos. Autrement, lorsqu’il s’agit de bêtises, de crises, de mauvais coups qui sont sans graves conséquences, je shoote parce que c’est la vraie vie et que c’est ce qui aura le plus de sens pour la famille dans quelques années.

Dispute reportage du quotidien
© Maryline Krynicki

J’ai tendance à photographier tout et tout le temps. Ma limite est le respect de ceux que je photographie. Si je sens que ma seule présence ou le fait que je photographie un moment gène quelqu’un, soit je m’éloigne et je me fais plus discrète pour photographier, soit j’arrête complètement de faire des images. Il arrive lors d’un reportage que l’on sente cette gène ou que photographier un mauvais moment amplifie les choses. Ce n’est pas mon objectif et donc je préfère parfois poser l’appareil plutôt que d’augmenter le chagrin ou la gène d’un enfant. Cette image est typique de ce genre de situation. Il s’agit d’une scène de dispute entre mère et fille. La petite fille m’a vu faire des photos et s’est énervée encore plus. J’ai donc tout stoppé et suis partie faire des photos ailleurs. Cinq minutes après, tout était oublié, mais, pendant ce moment, je ne me voyais pas insister par respect pour l’enfant. Maintenant, si elle ne m’avait pas vu, j’aurais continué sans soucis car ces instants-là font aussi partie de la vie de famille.

Ernestine et sa famille photographe de famille a Paris© Marine Poron – Ernestine et sa famille

Une situation récurrente en reportage de famille (et pour tous les photographes de famille), c’est la phase « je fais mon intéressant ». La venue d’un photographe à la maison n’est pas neutre, cela interfère avec la vie de famille et cela peut provoquer des comportements excessifs chez les enfants. Selon les âges, cela se manifeste de manière différente et il faut souvent passer par ce moment là pour se faire accepter. L’enfant vous teste et il faut savoir « réussir l’épreuve ». Je mets fin le plus vite possible à ce comportement, en arrêtant de photographier l’enfant à chaque fois qu’il « fait l’intéressant ». Mais cela n’est pas toujours facile, il faut souvent faire preuve de psychologie enfantine pour s’adapter à la situation. Parfois, l’enfant cherche à gâcher les activités des autres, ou à se mettre en danger, ou bien il cherche ses parents qu’il sent plus cools qu’à d’ordinaire… Autant de situations où il faut trouver la bonne attitude. Et il faut aussi rassurer les parents : ce type de comportement est tout à fait normal!

les moments de chaos en reportage famille

©Annie Gozard

Le reportage sur la longueur permet de saisir une variété de moments et de connexions entre les membres de la famille. Les moments de chaos en font partie. Le plus souvent, l’épisode chaotique est court et sans conséquence. Et puis, parfois, la situation est confusionnante.

Dernièrement, lors d’un reportage famille, un adolescent a piqué une crise d’ado. Le niveau sonore a grimpé d’un coup, l’atmosphère est devenue très tendue, les gestes violents. J’ai cessé de prendre des photos. J’ai éprouvé une sorte d’indécence à l’idée de photographier ce moment (pourtant terriblement photogénique !). Un peu plus tard, l’ado a remis ça mais plusieurs tons en-dessous. Le reste de la famille a ignoré cette nouvelle crise de colère. J’ai alors réagis différemment. Je l’ai intégré dans ma composition, sans en faire mon sujet principal. La crise est alors suggérée. Sans connaître le contexte de la prise de vue, il est impossible de deviner ce qu’il se passe. La photo raconte un moment de la vie de l’ado pour ceux qui ont vécu la scène mais sans appuyer sur la rudesse du comportement.

Pour résumer, je dirais que dans les situations de chaos, je me cale sur les réactions des autres, leur rythme pour ne pas gêner le déroulement des événements ni interférer dans le comportement des enfants et des parents. 

photographe de famille a Paris, reportage et album de famille.

Albums/tirages vs Fichiers numériques : le combat

Autant vous le dire tout de suite, il ne s’agit pas vraiment d’une battle puisque ce sont deux manières très différentes de profiter de nos photos.

Mais c’est une question récurrente: papier ou fichier ?

photographe de famille a Paris, reportage et album de famille.

À l’ère de l’argentique

Jusque dans les années 2000, la question ne se posait pas : on apportait sa pellicule photo au labo et on repassait quelques jours plus tard récupérer sa pochette de tirages et ses négatifs. Puis les labos ont commencé à proposer la numérisation sur CD pour obtenir des fichiers numériques, puis les appareils photos numériques et les téléphones portables faisant des photos se sont démocratisés, et le mode de consommation des photos a fondamentalement changé. Aujourd’hui, le laboratoire photo n’est plus un passage obligatoire et les supports numériques sont largement majoritaires.

Alors les tirages et albums sont-ils des reliques du passé ? Faut-il vivre avec son temps et proposer des supports adaptés au mode de vie du présent, ou penser les supports comme étant part de l’héritage familial, à même de traverser le temps et d’être transmis aux générations futures ?

photographe famille paris

Notre crédo

En tant que photographes professionnels, ces questions sont régulièrement au cœur de nos discussions, car nous sommes responsables de ce que nous proposons à nos clients et il nous appartient d’avoir une réflexion sur la manière dont nos images existeront dans vos vies.

Les photographes de Joyeux Bazar ont chacune leur manière de faire. Fichiers haute définition ou basse définition, album, diaporama, seul ou combiné, chacune propose ce qui lui semble le meilleur équilibre entre l’immédiateté et la pérennité.

Nous pensons que le travail que nous faisons fait partie de votre patrimoine familial. Les photos sont faites pour durer et continuer de vous raconter à travers le temps, en évoquant les souvenirs, les détails de la vie quotidienne.

Nous croyons aussi que les photos doivent être accessibles à tous : enfants, grands-parents, amis etc.

Et nous souhaitons que ces photos circulent, se promènent sur vos téléphones, soient envoyées par email à l’autre bout du monde, ou fassent votre fierté sur les réseaux sociaux.

photographie de famille à Nantes par Sybil Rondeau

Pour ou contre ?

 

Les fichiers numériques

  • permettent une diffusion instantanée
  • se multiplient à l’infini
  • s’adaptent à de multiples supports

 

mais

  • ils sont fragiles (crash de disque dur, mauvaise manipulation, détérioration etc.)
  • ils sont immatériels (ils nécessitent un support et ne sont visibles que sur un écran)
  • Ils prennent de la place sur le disque dur.

Reportage du quotidien Maryline Krynicki

Les albums et tirages

  • sont accessibles à tous (enfants, grands-parents non connectés, il n’y a pas besoin d’allumer un ordinateur)
  • sont pérennes dans le temps (si imprimé professionnellement)
  • sont accessibles tout le temps (pas besoin d’électricité, de chargeur etc.)

 

mais

  • le coût d’impression peut être élevé
  • cela demande du temps de réalisation et de fabrication

 

Alors, papier ou fichier ? Pas facile de répondre à cette question. Chaque support a ses avantages et inconvénients.

Et vous, qu’est ce que vous préférez ? qu’est ce que vous faites de vos photos ?

En tout cas, entre papier et fichier, le combat est loin d’être fini !

photographe documentaire de vie de famille nombreuse en ile de france

Le mythe de la famille parfaite.

Notre pratique de la photographie documentaire est basée sur la réalité de la vie quotidienne. Nous choisissons de passer du temps avec les familles afin de dépasser la simple surface des choses. Passés les premiers moments, la vie de famille reprend petit à petit son cours et le naturel revient au galop.

Néanmoins, il faut souvent expliquer en amont tout l’enjeu du documentaire : montrer le réel, photographier la famille telle qu’elle est et se défaire du prisme de la famille parfaite.

Nous vivons dans une société d’images et les réseaux sociaux véhiculent leur lot quotidien de photos de famille idéale, de maman Wonderwoman, d’enfants beaux et souriants, et de super papa poule… A force d’être confronté à ces clichés, on peut être tenté par ce fantasme de perfection, cette possibilité, par l’image, d’effacer toutes les contrariétés, la fatigue et les compromis de la vie quotidienne pour ne garder que ce que l’on a envie de montrer à ce moment là.

Mais, en tant que photographe documentaire nous travaillons pour vous, pour vos enfants et petits enfants. Le travail que nous faisons auprès de vous est un recueil de souvenirs pour plus tard. Nous faisons des photos des lieux, des habitudes, des personnes qui font votre quotidien. Ces petits riens de la vie de tous les jours, qui semblent insignifiants sur l’instant mais qui prennent toute leur valeur avec le temps.

La vie de famille est un joyeux bazar (qui va parfois avec le joyeux bazar de la maison…). C’est dans cette ambiance que nous aimons vous photographier, sans artifices, sans mise en scène, en vous laissant simplement être vous même.

photographe documentaire de vie de famille nombreuse en ile de france
© Ernestineetsafamille

reportage du quotidien val d'oise
© Maryline Krynicki

photographe famille parfaite annie gozard
© Annie Gozard

photo de famille par sybil rondeau
© Sybil Rondeau

Une enfant après le bain allongée par terre pour ne pas brosser ses dents

photographe famille annie gozard

Le droit de publication

Le droit à l’image est une question délicate, souvent sujette à polémique concernant les publications web. Lorsque l’on réalise un reportage de famille, on entre chez les gens, dans leur univers et on les photographie tels qu’ils sont. Les photos que nous réalisons montrent des instants très intimes de leur vie de famille, des moments que personne ne voit d’habitude. C’est une des raisons pour laquelle certaines familles ne souhaitent pas que leur reportage soit diffusé. Elles préfèrent garder ces souvenirs-là pour elles. C’est tout à fait légitime de refuser une publication de leurs photos par pudeur ou envie de garder pour soi ces journées singulières passées en famille.

droit de publication
© Maryline Krynicki

Mais, alors, en tant que photographe du quotidien, comment faire découvrir son travail si les familles nous refusent la publication. Tout d’abord, il faut instaurer une relation de confiance. Les familles vont partager avec nous des moments qu’elles n’ont, peut-être, jamais partagé avec personne, même des proches. Nous ne sommes pas des paparazzi, loin de là. Aucune de nos photographies réalisées dans le cadre d’un documentaire famille n’est diffusée sans l’accord préalable de nos clients. Nous pouvons effectuer une sélection d’images, au sein du reportage, pour faire connaître notre travail et satisfaire les deux parties. Parfois, les familles reviennent sur leur décision de non publication en voyant quelles images nous souhaitons partager.

Il y a aussi la question des supports sur lesquels nous publions nos photographies. Des familles peuvent refuser la diffusion sur les réseaux sociaux, mais, accepter complètement que nous publions sur nos sites Web, par exemple. Contractuellement, nous pouvons rester très souples et proposer d’autres possibilités à la non publication stricte. Peut-être que nos clients accepteront, sans souci, l’utilisation de leurs photos pour un livre ou une exposition, même s’ils refusent la publication sur Internet. Tout cela est une histoire de dialogue, de respect et de confiance entre les familles et nous.

photo de famille à Angers par Sybil Rondeau
© Sybil Rondeau

Il faut aussi préciser que nous n’identifions pas les familles et nous ne donnons que très peu d’informations les concernant. Notre but est de faire en sorte que chaque photo publiée renvoie vers notre nom de photographe et non celui de la famille.

Et vous, quel est votre avis sur la question ? Dîtes-nous ce que vous en pensez en commentaire.

Ernestine et sa famille reportage documentaire de famille a Paris

©Ernestineetsafamille

Débat : enfants VS parents, qui sont nos cibles ?

Dans nos reportages du quotidien, souvent, l’on s’attarde sur les péripéties des enfants, leurs jeux, leurs émotions, mais, les familles c’est aussi, les parents, les grand-parents, les oncles, tantes, parrains, marraines, amis, etc… Comment gérons-nous, chacune, toutes ces personnes qui gravitent autour des bébés et enfants que nous photographions ?

La question du jour est la suivante :

Qui sont nos cibles principales dans nos reportages, les enfants et/ou les parents ?

 

Reportage famille essonne

Reportage famille oise

Maryline

Les enfants ont un don naturel pour attirer notre attention. C’est donc, très naturellement, que je vais beaucoup les photographier. Mais, je n’en oublie pas pour autant les adultes qui gravitent autour d’eux. Je m’intéresse énormément à la famille au sens large, aux rapports que les enfants ont avec les adultes de leur entourage, leurs parents bien sûr, mais aussi les grand-parents, les oncles, tantes, parrains, marraines, amis de la famille…etc. Je cherche beaucoup à raconter les interactions parents/enfants, la complicité qui peut exister, l’amour forcément, le partage. J’essaie aussi, dans mes reportages du quotidien, de capter les moments sans les enfants car, oui, il se passe aussi des choses lorsqu’ils ne sont pas dans les parages.

reportage documentaire de famille par Ernestine et sa famille
reportage documentaire de famille par Ernestine et sa famille

Marine

Je crois vraiment que cette question en dit long sur qui nous sommes. Chaque photographe de famille agit instinctivement en fonction de sa propre vision de la famille et le sujet est vaste! Pour ma part, je viens d’une famille nombreuse où se mêle, indépendance et proximité très forte entre mes frères et sœurs, parents, grand parents, cousins etc. Pour moi la famille, c’est un joyeux bazar! C’est ce réseau de personnes où chacun a une place et un rôle, où les émotions circulent plus vite et plus fort que partout ailleurs.  En tant que photographe, mon instinct cherche ces connexions, ces échanges, indépendamment du rôle de chacun. C’est vrai que les enfants sont généralement plus à l’aise que les parents devant l’objectif, mais ce que j’aime particulièrement dans le reportage de famille, c’est que nous avons le temps de s’apprivoiser. Et comme mon approche est celle de la photo documentaire, j’aime aussi saisir les petits moments de vie, le « hors champs », comme cette maman qui remet son collier devant le miroir au milieu des jeux.

jeux entre parents et enfants petite fille joue à la Wii avec son grand père

Sybil

Dès les premiers reportages, je me suis rendue compte que naturellement je focalisais mon attention sur les enfants au sein de la famille. Ils sont au centre du reportage et la famille gravite autour, en arrière plan, ou bien plus proche lorsqu’un des membres interagit avec eux. Je photographie à hauteur d’enfant, il est le narrateur de l’histoire que je raconte, en quelque sorte. Cela ne m’empêche pas d’obtenir de beaux moments de complicité famille-enfants, bien au contraire ! Et je me suis aperçue, au fil du temps, que cela convenait parfaitement aux parents qui sont finalement les moins à leur aise dans cet exercice : c’est parfait pour ces gens qui ont choisi ce type de prestation parce qu’ils ne se voient pas poser pour un photographe !

photographe famille paris annie gozard photographe famille paris annie gozard

Annie

Mon approche de la photographie de famille est axée principalement autour des enfants. Je m’émerveille de leurs émerveillements, je me crispe quand ils piquent leur crise ; je me cale beaucoup sur leur humeur. J’ai toujours en tête qu’une photo d’un bambin immortalise ce qui est inéluctablement amené à disparaître. La manière dont il saisit un objet à cet âge ou dont il grimpe sur un canapé m’émeut.

Les adultes arrivent ensuite en second plan (j’avoue un faible pour les peaux ridées et les cheveux blancs donc si les grands-parents sont présents, je suis aussi dingo d’eux que de leurs petits-enfants). Bien sûr, je m’intéresse aux relations enfants-adultes (c’est surtout pour capter ces échanges que mes clients m’ont appelé). Mais je porte peu d’attention à la relation des parents entre eux. Peut-être est-ce parce que je passe déjà beaucoup de temps à photographier des couples lors de mes nombreux mariages …

debat-collectif-joyeux-bazar-nadine-court-01

debat-collectif-joyeux-bazar-nadine-court-02
Nadine

Pour moi, la famille est un tout qui inclut les parents. Je recherche consciemment les moments d’échanges entre les parents et les enfants parce que ce sont des instants plein d’émotions qui me renvoient à ma propre relation très fusionnelle avec mes enfants. Je tâche donc d’immortaliser tous ces câlins, ces regards tendres mais aussi les moments où le parent fait son travail de parent (devoirs, bain, repas, etc.).

Bébé joue avec son reflet dans la glace après le bain

Débat : la nudité dans nos reportages ?

A l’origine, notre collectif a été créé comme un espace d’échange et de partage sur nos pratiques professionnelles (de documentaire de famille, évidemment). Et nous avons souvent, entre nous, des débats ou des questions qui révèlent la diversité de regards de chacun. Il nous a semblé qu’un certain nombre de ces débats étaient pertinents, tant dans le cadre du documentaire de famille, que du reportage ou de la photo en général. Alors nous avons décidé de partager avec vous certaines de ces questions. Vous pourrez aussi nous dire ce que vous en pensez, comment vous voyez les choses en tant que maman, papa, grand-parent, professionnel etc.

La question du jour est la suivante :

Comment traiter la nudité dans nos reportages ?

Dans le reportage de famille, nous sommes souvent confrontés à la question de nos limites, faut-il photographier ou non, diffuser ou non, où s’arrête t-on ? Concernant la nudité des enfants, qui généralement n’en ont pas conscience, la question mérite d’être posée. Quelles sont les limites de chacune d’entre nous ?

 

Silhouette d'un enfant lors d'un reportage famille

Un père tient son fils à l'envers

Sybil

Je n’ai jamais ressenti de gêne de la part des parents en ce qui concerne la nudité de leurs enfants sur mes images. Ils ont vu mon travail, ils m’accueillent chez eux et me font confiance. Ils savent que ces images sont d’abord pour eux, et que, s’ils ne le souhaitent pas, elles ne seront pas diffusées. La limite à propos de la nudité, elle vient de moi et elle est celle ci : je ne montre pas de nudité frontale. Tout simplement parce que je ne la trouve pas esthétique, je ne la trouve pas nécessaire non plus. Au delà de ça, c’est pour moi une question de respect. Je m’identifie sans doute un peu trop à eux… Est-ce que je mets de la pudeur où il n’y en a pas encore ? Je ne sais pas… le fait est, naturellement, je m’arrange pour cadrer mes images de façon à la cacher autant que possible.

photo pendant la douche

enfant nu

Annie

Comme Sybil, je n’ai jamais ressenti de gêne de la part de mes clients. Ils m’ont choisi pour mon approche documentaire de la photo de famille et donc je viens photographier leur quotidien tel qu’il se présente. Dans les familles que je viens photographier, il y a souvent des enfants en bas âge. Au-delà du contexte du bain, cela leur est naturel, à leur âge, de courir dans tout l’appart cul nu et devant tout le monde. Cette liberté, cette insouciance, c’est justement, pour moi, quelque chose qui raconte l’enfance.

En situation de reportage documentaire, je fais des photos tout le temps. Et comme la situation est normale, elle ne provoque pas de gêne chez moi au moment de la prise de vue. Ensuite, au moment du tri des images, je peux être amenée à garder des photos où la nudité est montrée de manière frontale mais seulement s’il se passe dans l’image quelque chose d’autre d’intéressant. Bien sûr, de la même manière que je change les prénoms et la localisation de mes reportages dès lors qu’il y est question d’enfants, je ne diffuse jamais ces images de corps tout nus.

Bébé joue avec son reflet dans la glace après le bain

Papa attend que son fils s'habille rapidement

Nadine

Dans le cadre d’un reportage documentaire sur le quotidien d’une famille, l’heure du bain est un moment clé de la journée que nous souhaitons tous/toutes immortaliser. C’est à ce moment que se pose la question de la nudité. En général, nous en avons déjà discuté avant avec les parents pour être sur la même longueur d’ondes : s’ils n’y voient pas d’inconvénients, je photographie ce moment tel que je le vois, sans retenue. Ils auront les images mais la publication de celles-ci ne se feront pas sans leur accord. Dans tous les cas, comme les collègues, pas de photos de face, même si les parents me donnaient leur accord. Une photo de dos, aucun souci si la photo mérite d’être vue, si elle raconte vraiment quelque chose de fort. Mais pour les photos de face, comme il est impossible sur la toile de maîtriser tous les aspects de la diffusion d’une image, je préfère m’en abstenir. Et puis les enfants sont encore trop petits pour donner leur consentement à cette exposition de leur nudité. Je ne sais pas si le fait d’être une maman impacte mon point de vue sur la question mais c’est très probable. J’ai publié sur mon site beaucoup de photos de mes enfants mais jamais de photos d’eux nus.

reportage du quotidien haut de seine

reportage du quotidien en Belgique

Maryline

Photographier le quotidien nous amène forcément à photographier des moments comme la toilette des enfants, l’habillage et le déshabillage. Ce sont de super moments, souvent très drôles, que les enfants passent avec leurs parents ou seuls lorsqu’ils sont assez grands. Sur mes reportages, les choses se font très naturellement, les parents et les enfants ont très vite tendance à oublier que je les photographie. Du coup, j’observe beaucoup les réactions des enfants à ces moments clés pour sentir s’ils sont plutôt gênés ou pas du tout. Cela se voit très rapidement et je respecte toujours leur pudeur. Lorsqu’un enfant se met à danser en culotte ou faire le clown dans le bain, c’est qu’il est très à l’aise et donc je n’hésite pas à faire des photos. Par contre, quand je vois qu’il se renferme un peu, qu’il fait vite pour s’habiller ou se déshabiller, je lui demande (s’il est grand) ou je demande à ses parents si c’est ok pour que je shoote à cet instant. Les enfants sont très honnêtes et ils savent nous faire comprendre lorsque l’on est de trop dans la salle de bain ou dans leur chambre.

J’ai pris l’habitude, lors de mes reportages, de toujours cadrer afin de cacher la nudité complète. Je pense que c’est ma propre pudeur qui joue aussi. Maintenant, lorsqu’il m’arrive de photographier un enfant tout nu, de face, je ne diffuse jamais ces photos-là non plus. Ce sont des souvenirs uniquement pour les parents et les enfants.

Ernestine et sa famille reportage photo documentaire de famille à ParisErnestine et sa famille reportage photo documentaire de famille à Paris

Marine

La question de la représentation de la nudité (qui plus est des enfants) est un sujet sensible car il confronte les deux aspects de notre métier : rendre compte du réel, capturer des images et les donner à voir, les confronter au regard du public. Ces deux étapes sont bien distinctes mais sont nécessairement liées l’une à l’autre. Même si le reportage de famille est d’abord à destination de nos clients (la famille), il est vital pour le photographe de pouvoir montrer son travail à un cercle plus large.

Il y a donc à la base, un accord avec les familles, une manière de travailler mais je crois que la décision de photographier ou non, de diffuser ou non, en dit beaucoup sur qui nous sommes, nos éducations, la société et l’époque dans laquelle nous vivons. C’est un questionnement régulier, car il montre des limites qui sont souvent purement contextuelles. Je me souviens m’être fait cette réflexion, il y a quelques temps, en regardant des vieux films de famille. Nous (Mes frères, sœur et moi) y étions nus à longueur de temps et je me suis rendue compte que je n’avais jamais laissé mes enfants courir nus sur la plage. Même famille, autre époque, autres mœurs.

De formation photojournalistique, je considère que montrer la réalité de la vie quotidienne, c’est en montrer tous les aspects, de manière spontanée et sans à priori. Pourtant, je me suis rendue compte à de nombreuses reprises, qu’un certain nombre de « filtres » viennent interférer avec cette volonté, au moment de la prise de vue, de la sélection des images ou de leur diffusion. Selon le contexte, il y a des moments que je ne vais pas prendre en photos car ils me semblent trop « crus », et il y a des photos que je ne vais pas sélectionner pour les mêmes raisons. Pour la question de la diffusion, c’est là que ma « censure personnelle » marche le plus fort :), pas de nudité complète, pas de noms, peu d’infos sur mes clients.